Les Régionales de 2010 : une bonne
claque ? Oui, il faut le dire et savoir appeler un chat, un chat. Ce n’est pas mon habitude de cracher dans la soupe ou de laver mon linge sale en public mais il faut aussi savoir tirer des
enseignements d’un résultat. Cette claque était prévisible (orchestrée aussi) avec beaucoup de signes avant-coureurs ? Pour connaitre notre organisation de l’intérieur, pour avoir fait campagne
du début jusqu’à la fin, des dysfonctionnements internes sont à pointer, sont à mettre en relief : animation militante inexistante, décisions obscures, campagne en interne tardif, désignation des
listes floue et aléatoire, programme qui a tardé à se faire connaitre… Y a-t-il encore des raisons d’y croire ? Je crois que oui mais revenons d’abord sur ces dysfonctionnements ! Un bilan est
toujours bon à tirer.
Vu de l'intérieur, le MoDem est un parti dénué d'une réelle animation militante. C’est peu comme si une entreprise abandonnait sa communication interne au profit de la seule communication vers
ses clients. La communication externe si bonne soit-elle ne remplace pas une communication interne. Les militants ont des besoins particuliers dans ce domaine pour porter un projet, porter
des décisions et tout simplement faire de la politique auprès leurs réseaux. Il est important pour moi que le MoDem se dote d’une véritable équipe capable d’animer l’action militante.
Dans cet esprit, la campagne des Régionales aurait dû commencer bien plus tôt par une phase préparatoire auprès des militants afin de les mobiliser et d'insuffler une meilleure dynamique. C'est à
mon avis un premier enseignement à tirer.
Cette campagne a révélé également des décisions stratégiques floues, prises en comité restreint et en urgence. Les temps de la concertation et de l’explication ont été bien souvent délaissés. Un exemple, la désignation des têtes de liste a été selon moi trop tardive. Ce temps supplémentaire nous aurait permis d’expliquer nos choix et de mieux faire connaitre nos nouveaux visages issus pour la plupart de la société civile. La désignation des listes a été tout aussi obscure. Les candidats non retenus n'ont même pas été avertis du choix fait par les instances décisionnaires. C’est bien dommage ! Ces erreurs de timing sont en parti liées à la première claque prise après les élections Européennes de juin dernier. Le temps n’a pas été suffisant pour préparer sereinement cette nouvelle échéance mais bon…
Notre programme qui est bien souvent raillé par nos détracteurs, a belle et bien existé avec des propositions novatrices et en accord avec nos valeurs. 3 exemples sur la région Ile de France :
Mais ce programme a lui aussi tardé à se faire connaître (sans doute pour les mêmes raisons que les erreurs de timing). Il est normal en politique de présenter son programme final dans la dernière ligne droite de la campagne mais il doit pouvoir s’esquisser au fur et mesure. Il était donc dommageable de présenter un premier tract avec pas ou presque pas de fond !
Outre les erreurs ‘‘internes’’, le contexte n’a pas aidé le MoDem dans cette campagne. La couverture médiatique a été très légère. La campagne des élections Régionales n’a jamais réellement
trouvé son écho dans les grands medias et le si peu d’espace médiatique a été monopolisé par les sondages quotidiens et les Affaires : le pseudo casier judiciaire d’Ali Soumaré révélé par les
cadres UMP du Val d’Oise, la guéguerre Frêche/Aubry en Languedoc Roussillon, la réhabilitation de Julien Dray après ses ennuis judiciaires… Le MoDem a eu également son lot d’affaires avec des
démissions plus ou moins orchestrées qui ont eues lieu au cours de la campagne et des prises de position de Corinne Lepage qui c’est mis en marge du parti. Et après tout ça, le fond de la
campagne : les programmes, les idées, le rôle de la région dans notre quotidien… a été au mieux noyé au pire oublié ! Et on ne s’étonnera donc pas du score de l’abstention !
Mais après tout ça, reste-t-il encore des raisons d’y croire ? Oui.
Parallèlement à l’élection Régionale de ce week-end, se déroulait une Cantonale partielle à La Garenne-Colombes dans les Hauts de Seine. Christophe Conway et Martine Bonnin qui se sont présentés
ouvertement sous les couleurs du MoDem, ont obtenu 7,15% des voix contre 4,7% pour la liste d’Alain Dolium à l’élection Régionale. Cela montre bien que malgré une étiquette d’un parti politique
en "mauvaise passe" dans l'opinion publique, le travail de terrain de l’ensemble de l’équipe MoDem garennoise a payé. A La Garenne, nous avons réussi au travers d’une campagne locale à attirer
autour de nos valeurs et notre manière de faire la politique un tiers de voix en plus que la simple étiquette MoDem que portait Alain Dolium.
La base militante du MoDem doit continuer à se mobiliser et porter haut et fort ses valeurs. Le parti doit se construire et améliorer son organisation interne afin de pouvoir appuyer les actions
militantes de terrain. Et c’est peut-être comme cela, avec une action militante de terrain auprès de nos réseaux et la force de frappe d’un parti mobilisateur et fédérateur au delà même des
étiquettes que nous pourrons inverser les résultats des Régionales. Comme le dit François Bayrou, « Une vérité ne cesse pas d'être vraie parce qu'elle est minoritaire » ; elle doit simplement
être audible par le plus grand nombre.
LES 14 ENGAGEMENTS
