Partager l'article ! Les Galériens du Logement sont priés de quitter la place des Vosges !: Le tribunal d'instance du Vème arrondissement a rendu son jug ...

Le tribunal d'instance du Vème arrondissement a rendu son jugement : les ‘‘squatteurs’’ et militants de Jeudi Noir vont devoir quitter l'hôtel particulier qu'ils occupaient place des Vosges à
Paris depuis maintenant plus de deux mois. Le tribunal d’instance ordonne « l'expulsion au besoin avec l'aide de la force publique faute de départ volontaire » à compter de lundi prochain et le
versement à la propriétaire de « la somme de 3 400 euros mensuels à titre d'indemnité d'occupation ».
L’occupation sur la très chic place des Vosges de l’hôtel particulier où est née la marquise de Sévigné, par le collectif Jeudi Noir, remonte au 31 octobre dernier et a constitué un fabuleux coup
médiatique sur les questions du mal logement en France et en Île de France.
Jeudi Noir, dont le nom évoque le jour de sortie du célèbre hebdomadaire De Particulier à
Particulier, se bat contre le mal-logement dont est victime encore un grand nombre d’étudiants et de salariés précaires. Le collectif n’en est pas à son coup d’essai puisque avant le squat de la
place des Vosges, il s’était fait connaître en investissant fin août un immeuble au passage de la Bonne Graine, dans le XIème arrondissement et en perturbant l’intervention de Benoist
Apparu, secrétaire d'Etat chargé du Logement, .lors du salon de l’immobilier en septembre dernier à Paris.
Bien que le droit de propriété, inscrit dans la Constitution, doive absolument être garantie et défendu, ce squat illégal met en lumière les problèmes de logement que nous continuons à rencontrer
dans notre pays. La Fondation Abbé Pierre recense
actuellement en France cent mille personnes vivant dans la rue, quarante-neuf mille individus "privés de domicile personnel" et vivant en foyers, habitats de fortune, chez des tiers ou à l'hôtel,
ainsi que plus de deux millions de personnes habitant dans des logements précaires, insalubres ou surpeuplés.
La loi DALO (Droit Au Logement Opposable) mise en place par Christine Boutin en mars 2007 après la mobilisation Des Enfants de Don Quichotte sur le canal Saint Martin faisait figure de solution.
En effet, le droit au logement était dorénavant institué comme un droit élémentaire au même titre que l’éducation, la santé... Près de 3 ans après, le principe de la loi n’est pas respecté et
plus de 7000 familles désignées comme prioritaires restent en attente d’une offre de logement. Une dépêche AFP reprenant le
communiqué du Comité de suivi du DALO a souligné le 28 octobre dernier, que le Droit au Logement Opposable "n'est pas assumé partout, et notamment en Ile-de-France", et "alerte le gouvernement
sur le non-respect de la loi".
A 8 semaines des élections Régionales, ces éléments montrent bien que la question du logement doit être l’une des questions primordiales de cette campagne surtout en Île de
France, région qui connait un cruel déficit de logements. Les questions de densification, de constructions de nouveaux logements, de financement des ces logements… devront être abordées
et tranchées au cours de la campagne.
