Partager l'article ! Quota d’élèves boursiers dans les Grandes Ecoles: Les politiques de quota ont toujours induit des inégalités et c’est donc pour cela que ...
Les politiques de quota ont toujours induit des inégalités et c’est donc pour cela que je suis contre ce principe que ce soit pour la parité hommes-femmes, pour la meilleure
représentation des ‘’minorités visibles’’, pour les personnes défavorisées ou en situation de handicap… Je tiens à rappeler que nous parlons bien d’êtres humains et non de marchandises !
Je ne dis pas qu’il faut se satisfaire du statut-quo mais les actions de corrections des inégalités doivent être mise en place en amont afin que la société toute entière les intègre. Et ainsi, la
méritocratie n’en sera que renforcée dans notre pays.
Sébastien BEAUVAL.
Communiqué de presse Jeunes Démocrates
Paris, le 7 novembre 2010
On ne corrige pas une inégalité sociale par une injustice au final
Alors que la polémique enfle à propos de l’instauration d’un éventuel quota
d’élèves boursiers au sein des grandes écoles et que les différents acteurs du monde de l’enseignement supérieur s’invectivent, les Jeunes Démocrates souhaitent affirmer avec sérénité leur
position et leurs propositions sur ce sujet.
L’objectif affiché par madame le Ministre Valérie Pécresse de 30% d’élèves boursiers dans les grandes écoles reste non-atteint dans la plupart des lieux d’enseignement supérieur.
En effet, les écoles de commerce sont les plus mauvais élèves avec seulement 10,8% d’étudiants bénéficiant d’une bourse nationale (ils sont cependant 20% à recevoir une bourse publique ou privée
dans ces institutions) mais l’université est loin d’être exemplaire puisque le taux d’élèves boursiers s’élève à 25% (et seulement 18% en master).
La question des disparités sociales dans l’enseignement supérieur ne se résume donc pas aux seules grandes écoles. Le problème est plus profond dans la société française et les solutions
à envisager doivent s’appliquer bien avant l’entrée dans la vie post-bac.
L’application d’une politique de quotas au sein des grandes écoles nous semble à la fois injuste et contreproductif. En effet, on ne corrige pas une inégalité sociale par une injustice au
concours. Cela va à l’encontre de l’idéal méritocratique défendu en France depuis l’époque des Lumières. Imposer un quota c’est imposer un recrutement particulier. C’est donc
sous-estimer certains étudiants qui pourtant ont suivi le même cursus que leurs camarades et appliquer de fait une discrimination. De plus, cette proposition institutionnaliserait une distinction
au sein des établissements et sur le marché du travail entre élèves issus du concours normal et élèves issus des quotas. A défaut de faire mieux, ce serait même faire pire que la situation
actuelle.
Pour être justes et efficaces, les solutions doivent être prises plus en amont. Premièrement, c’est l’information et l’orientation qui font défaut. Beaucoup trop
d’élèves issus de milieux modestes ne connaissent pas les parcours et les aides financières qui s’offrent à eux dans le supérieur. On observe d’ailleurs que la plupart de ces élèves
s’autocensurent quant à des études longues et coûteuses et privilégient les cursus courts et professionnalisant. Deuxièmement, davantage de places en internat doivent être
aménagées dans les zones défavorisées pour permettre aux élèves qui le souhaitent d’étudier dans les meilleures conditions et avec un encadrement pédagogique renforcé. Troisièmement,
l’enseignement des langues dans le primaire et le secondaire doit être revalorisé dans ses horaires hebdomadaires et repensé dans sa méthode d’apprentissage pour atteindre le
niveau d’exigence requis aux concours. Enfin, les concours d’entrée dans les grandes écoles doivent prendre plus en compte la personnalité des élèves et leur parcours
extrascolaire, notamment lors des épreuves orales.
Ces propositions visent à donner aux élèves modestes les mêmes chances de parvenir aux concours que les autres ainsi que les bagages scolaires et culturels suffisants pour les
réussir.
Franck FAVEUR
Président des Jeunes Démocrates
Le Bureau National des Jeunes Démocrates.
